Theory and History of Ontology

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Theory and History of Ontology by Raul Corazzon | e-mail: rc@ontology.co

 

Édouard Jeauneau sur la Philosophie Médiévale. Bibliographie Choisie

INTRODUCTION

Édouard Jeauneau (1924 - ) ancien Professeur de Philosophie au séminaire de Chartres et au Pontifical Institute of Mediaeval Studies à Toronto, directeur de recherches au CNRS, a publié des éditions critiques de Guillaume de Conches, Jean Scot Érigène et Maxim le Confesseur.

Je donne une bibliographie de ses écrits sur la philosophie médiévale.

Pour une bibliographie complète voir:

LIVRES

  1. Jeauneau, Édouard. 1963. La philosophie médiévale. Paris: Presses Universitaires de France.

    Deuxième édition mise à jour 1967, troisième édition 1975.

  2. Jeauneau, Édouard, and de Gandillac, Maurice, eds. 1968. Entretiens sur la Renaissance du XII siècle. Paris, La Haye: Mouton.

    Cerisy-la-Salle, 21-30 juillet 1965.

  3. Jeauneau, Édouard. 1973. "Lectio Philosophorum". Recherches sur l'École de Chartres. Amsterdam: Hakkert.

    Table des matières: Introduction XI; Première partie: Maîtres chartrains 1; I. Les écoles de Chartres 3; II. Bernard de Chartres 51; III. Thierry de Chartres 75; IV. Guillaume de Conches 101; V. Jean de Salisbury 117; Deuxième partie: "Lectio Philosophorum" 123; I. L'interprétation allégorique des auteurs profanes 125; II. Le Timée de Platon 193; III. Le 'Commentaire' de Macrobe sur le 'Songe de Scipion' 265; IV. La 'Consolation de Philosophie' de Boèce 309; V. Les 'Institutions' de Priscien 333; Index des manuscrits 373; Index des auteurs anciens 379-395.

  4. ———. 1978. Quatre thèmes érigéniens. Paris: Vrin.

    Conférence Albert-le-Grand 1974.

    Contient Le commentaire érigénien sur Martianus Capella (De Nuptiis lib. I) d'aprés le manuscrit d'Oxford (Bod. Libr. Auct. T.2.19 fol. 1-31), pp. 101-186.

    Les pages 19-90 ont été reprises dans: Études érigéniennes, pp. 213-286.

  5. ———. 1987. Études érigéniennes. Paris: Études augustiniennes.

    Recueil d'articles.

    Table des matières: Introduction 1; Jean Scot. L'homme et l'œuvre [Introduction à Jean Scot. Homélie sur le prologue de Jean. Introduction, Texte critique, Traduction et Notes, Sources chrétiennes, n° 151, Paris: Les Editions du Cerf, 1969] 9; “Les écoles de Laon et d’Auxerre au IXe siècle” 55; “Jean Scot Erigène et le grec 85; L’héritage de la philosophie antique durant le haut Moyen Age 133; Pseudo-Dionysius, Gregory of Nyssa, and Maximus the Confessor in the Works of John Scottus Eriugena 175; Jean l’Erigène et les Ambigua ad lohannem de Maxime le Confesseur 189; Quatre thèmes érigéniens 213; Le symbolisme de la mer chez Jean Scot Erigène 287; Jean Scot et la métaphysique du feu (inédit) 297; Jean Scot et l’ironie 321; La division des sexes chez Grégoire de Nysse et chez Jean Scot Erigène 341; Le thème du retour (inédit) 365; La bibliothèque de Cluny et les oeuvres de l’Erigène 397; La traduction érigénienne des Ambigua de Maxime le Confesseur: Thomas Gale (1636-1702): et le Codex Remensis 423; Quisquiliae e Mazarinaeo codice 561 depromptae 435; Guillaume de Malmesbury, premier éditeur anglais du Periphyseon 489; Influences érigéniennes dans une homélie d’Héric d’Auxerre 525; Dans le sillage de l’Erigène: une homélie d’Héric d’Auxerre sur le prologue de Jean 537; Un ‘dossier’ carolingien sur la création de l’homme (Genèse I, 26-III, 24) 559; En collaboration avec Bernhard Bischoff: "Ein neuer Text aus der Gedankenwelt des Johannes Scottus" 581; En collaboration avec Paul Edward Dutton: "The Verses of the Codex Aureus of Saint-Emmeram" 591; Pour le dossier d’Israël Scot 693-706.

  6. ———. 1995. L'âge d'or des écoles de Chartres. Chartres: Éditions Houvet.

  7. ———. 1995. "Translatio studii". The Transmission of Learning. A Gilsonian Theme. Toronto: Pontifical Institute of Mediaeval Studies.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 1-58.

  8. Jeauneau, Édouard, and Dutton, Paul Edward. 1996. The Autograph of Eriugena. Turnhout: Brepols.

    Contents: Acknowledgements 9; Table of Figures 11; Chapter I: A History of the Question 13-33; Chapter II: A Description of the Manuscripts pp. 35-46; Chapter III: A Palaeographical Approach 47-82; Chapter IV: A Philological Approach 83-104; Chapter V: The Hand of Eriugena 105-116; Table of Plates 117-123; Plates pp. 125-223.

    "Writing chapters I and IV was primarily the responsibility of E.J. whereas chapters II and III were in the first instance that of P.D.; we both participated actively in writing the Conclusion, Chapter V. Each of us counts himself responsible for the work in its entirety." (p. 9)

    "In short, the conclusion of Rand’s article [*] was twofold : i. that there were two Irish hands (i1 and i2) entering corrections, additions, and enlargements in Eriugena’s manuscripts; 2. that neither i1 nor i2 is Eriugena’s hand. The first conclusion is now commonly accepted by all scholars who study these manuscripts. If this conclusion is a solid one, that is, that two Irish hands worked to enlarge and correct Eriugena’s writings, then four hypotheses are theoretically possible concerning the relation of these two hands to the author:

    Hypothesis I : neither i1 nor i2 is Eriugena’s hand.

    Hypothesis II : both i1 and i2 are Eriugena’s hand.

    Hypothesis III : i2 is Eriugena’s hand.

    Hypothesis IV : i1 is Eriugena’s hand.

    These seem to be the only possible hypotheses regarding the Irish handwriting associated with Eriugena." (p. 20)

    [*] E.K. Rand, “The Supposed Autographa of John the Scot”, in University of California Publications in Classical Philology, 5 (1918—1923), no. 8 [13 October 1920, pp. 135-141, with 11 plates].

    (...)

    "Terence Alan Martyn Bishop, after studying carefully the Irish script contained in the manuscripts of Eriugena’s works, concluded that, of the two Irish hands distinguished by Rand, i2 could not be Eriugena’s autograph, while i1 had the better claim to be so. (51)" (p. 26)

    (51) T.A.M. Bishop, “Autographa of John the Scot”, in Jean Scot Érigène et l'histoire de la philosophie, Laon, 7-12 juillet 1975, Paris, C:N.R. S. 1977, pp. 89-94.

  9. Jeauneau, Édouard. 2007. "Tendenda vela". Excursions littéraires et digressions philosophiques à travers le moyen âge. Turnhout: Brepols.

    Tables des matères: Avant-propos VII-XVII; Première partie: Libres variations sur le thème du transfert de la culture 1-58; Deuxième partie: Sources bibliques 59-108; Troisième partie: Sources patristiques 109-280; Quatrième partie Sources profanes 281-346; Cinquièem partie: Autour de Jean Scot Érigène 437-656; Sixième partie. Autour de l'École de Chartres 657-734; Addenda et Corrigenda 735-738.

    Cinquième partie: Autour de Jean Scot Érigène

    Chapitre 1. Le renouveau érigénien du XIIe siècle (1987) 439-460;

    Chapitre 2. Jean Scot et la Métaphysique des Nombres (1990) 461-477;

    Chapitre 3. Heiric d’Auxerre disciple de Jean Scot (1991) 479-498;

    L’École carolingienne d’Auxerre de Murethach à Remi, 830-908. Entretiens d’Auxerre 1989 publiés par Dominique logna-Prat, Colette Jeudy, Guy Lobrichon. Préface de Georges Duby de l’Académie Française, Paris (Beauchesne), 1991, pp. 353-370.

    Chapitre 4. Vox spiritualis Aquilae: quelques épis oubliés (1991) 499-510

    Chapitre 5. The Neoplatonic Themes of Processio and Reditus in Eriugena (1991) 511-539;

    Chapitre 6. Le “Cogito” érigénien (1995) 541-558;

    Chapitre 7. De l’art comme mystagogie (le Jugement dernier vu par Erigène) (1996) 559-568;

    Chapitre 8. L’influence des traductions érigéniennes sur le vocabulaire philosophique du Moyen Age: simples remarques (2000) 569-583;

    Chapitre 9. Nisifortinus: le disciple qui corrige le maître (2001) 585-603;

    Chapitre 10. Erigène entre l’Ancienne et la Nouvelle Rome. Le Filioque (2002) 605-639;

    Chapitre 11. The Neoplatonic Theme of Return in Eriugena (2003) 641-656.

  10. ———. 2009. Rethinking the School of Chartres. Toronto: University of Toronto Press.

    Traduction d'un texte inédit par Claude Paul Desmarais.

ARTICLES

  1. Jeauneau, Édouard. 1954. "Un représentant du platonisme au XIIe siècle: Maître Thierry de Chartres." Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir no. 20:1-12.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 77-86.

  2. ———. 1954. "Le Prologus in Eptatheucon de Thierry de Chartres." Mediaeval Studies no. 16:171-175.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 87-91.

  3. ———. 1957. "Glane chartraine dans un manuscrit de Rouen." Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir no. 21:17-30.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 103-116.

  4. ———. 1957. "L'usage de la notion d'integumentum à travers les gloses de Guillaume de Conches." Archives d'histoire doctrinale et littéraire du Moyen Age no. 24:35-100.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 127-192.

  5. ———. 1959. "Un commentaire inédit sur le Chant 'O qui perpetua' de Boèce." Rivista critica di storia della filosofia no. 14:60-80.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 311-331.

  6. ———. 1960. "Gloses de Guillaume de Conches sur Macrobe. Note sur les manuscrits." Archives d'histoire doctrinale et littéraire du Moyen Age no. 17:17-28.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 267-278.

  7. ———. 1960. "Macrobe source du platonisme chartrain." Studi Medievali:3-24.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 279-300.

  8. ———. 1960. "Deux rédactions des gloses de Guillaume de Conches sur Priscien." Recherches de théologie ancienne et médiévale no. 27:212-247.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 335-370.

  9. ———. 1962. "Gloses sur le Timée et Commentaire du Timée dans deux manuscrits du Vatican." Revue des Etudes augustiniennes no. 8:365-373.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 195-203.

  10. ———. 1963. "Mathématiques et Trinité chez Thierry de Chartres." In Miscellanea mediaevalia. Band 2: Die Metaphysik im Mittelalter. Ihr Ursprung und ihre Bedeutung, edited by Wilpert, Paul, 289-295. Berlin: Walter de Gruyter.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 93-99.

  11. ———. 1964. "Note sur l'Ecole de Chartres." Studi Medievali no. 5:821-865.

    Réimprimé dans le Bulletin de la Société archéologique d'Eure-et-Loir: Mémoires 23, 1964, pp. 1-45.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 5-49.

  12. ———. 1966. "A la mémoire de Jean de Salisbury." Bulletin des Sociétés archéologiques d'Eure-et-Loir.Chroniques no. 110:79-82.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 119-122.

  13. ———. 1966. "L'édition des Gloses sur le Timée de Guillaume de Conches." Bulletin des Sociétés archéologiques d'Eure-et-Loir.Chroniques no. 110:94-96.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 205-207.

  14. ———. 1966. "Gloses marginales sur le Timée de Platon du manuscrit 226 de la Bibliothèque municipale d'Avranches." Sacris Erudiri no. 17:71-89.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 209-227.

  15. ———. 1966. "Gloses sur le Timée du manuscrit Digby 217 de la Bodléienne. à Oxford." Sacris Erudiri no. 17:365-400.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 229-264.

  16. ———. 1967. "Nani gigantum humeris insidentes. Essai d'interprétation de Bernard de Chartres." Vivarium no. 5:79-99.

    Traduction italienne de Francesco Lazzari, Nani sulle spalle di giganti, Napoli Guida, 1969.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 53-73.

  17. ———. 1968. "Nains et géants." In Entretiens sur la Renaissance du XII siècle, edited by de Gandillac, Maurice and Jeauneau, Édouard, 21-38. Paris, La Haye: Mouton.

    Discussion pp. 39-52.

  18. ———. 1970. "Dans le sillage de l'Érigène: une homélie d'Héric d'Auxerre." Studi Medievali no. 11:937-950.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 537-557.

  19. ———. 1971. "La lecture des auteurs classiques à l'Ecole de Chartres durant la première moitié du XIIe siècle. Un témoin privilégié: les 'Glosae super Macrobium' de Guillaume de Conches." In Classical Influences on European Culture, A.D. 500-1500, edited by Bolgar, Robert Ralph, 95-102. Cambridge: Cambridge University Press.

    Repris dans: Lectio philosophorum, pp. 301-308.

  20. ———. 1971. "Le symbolisme de la mer chez Jean Scot Erigène." In Le Néoplatonisme. Colloque international de Royaumont 9-13 juin 1969, 385-394. Paris: Editions du C.N.R.S.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 287-296.

  21. ———. 1972. "Les écoles de Laon et d'Auxerre au IXe siècle." In La Scuola nell'Occidente latino dell'Alto Medioevo, 495-522. Spoleto: Centro Italino di Studi sull'Alto Medioevo.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 55-84.

  22. ———. 1973. "Influences érigéniennes dans une homélie d'Héric d'Auxerre." In The Mind of Eriugena, edited by O'Meara, John Joseph and Bieler, Ludwig, 114-124. Dublin: Irish University Press.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 525-535.

  23. ———. 1975. "La bibliothèque de Cluny et les œuvres de l'Érigène." In Pierre Abélard, Pierre le Vénérable. Les courants philosophiques, littéraires et artistiques en Occident au milieu du 12. siècle. Abbaye de Cluny, 2 au 9 juillet 1972, edited by Louis, René and Jolivet, Jean. Paris: Éditions du C.N.R.S.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 397-421.

  24. ———. 1975. "L'héritage de la philosophie antique durant le haut Moyen Age." In La cultura antica nell'Occidente Latino dal VII all'XI secolo. Settimane di studio del Centro italiano di studi sull'alto Medioevo, 18-24 aprile 1974, 15-56. Spoleto: Centro italiano di studi sull'alto Medioevo.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 133-172.

  25. ———. 1977. "La traduction érigénienne des Ambigua de Maxime le Confesseur: Thomas Gale (1636-1702) et le Codex Remensis." In Jean Scot Erigène et l'histoire de la philosophie, edited by Roques, René, 135-144. Paris: Éditions du Centre national de la recherche scientifique.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 423-434.

  26. ———. 1977. "Ein neuer Text aus der Gedankenweit des Johannes Eriugena." In Jean Scot Erigène et l'histoire de la philosophie, edited by Roques, René, 109-116. Paris: Éditions du Centre national de la recherche scientifique.

    En collaboration avec Bernhard Bischoff.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 581-590.

  27. ———. 1977. "Extraits des Glosae super Platonem de Guillaume de Conches dans un manuscrit de Londres." Journal of the Warburg and Courtauld Institutes no. 40:212-222.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 333-345.

  28. ———. 1978. "Le commentaire érigénien sur Martianus Capella (De Nuptiis, lib. I) d'après le manuscrit d'Oxford (Bod. Libr. Auct. T.2.19 fol. 1-31)." In Quatre thèmes érigéniens, 101-186. Paris: Vrin.

    Conférence Albert-le-Grand 1974.

    Version des Annotationes in Marcianum basée sur le manuscript Oxford Bodleian Library Auct T.2.19, dècouvert par Lotte Labowsky, A New Version of Scotus Eriugena's Commentary on Martianus Capella, Mediaeval and Renaissance Studies, 1, 1941-1943, pp. 187-193.

  29. ———. 1978. "Quisquiliae e Mazarinaeo codice 561 depromptae." Recherches de théologie ancienne et médiévale no. 45:79-129.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 435-487.

  30. ———. 1979. "Jean Scot Érigène et le grec." Archivum Latinitatis Medii Aevi no. 41:5-50.

    Repris, avec additions et corrections, dans: Études érigéniennes, pp. 85-132.

    "C'est sur l'ordre de Charles le Chauve qui encourageait l'étude des Pères que Jean Scot s'est mis à traduire et cette cour était un milieu propice. C'est par le Ps.-Denys qu'il a été introduit à la patristique grecque. Il est passé ensuite naturellement à Maxime le Confesseur et à Grégoire de Nysse. Il n'eut sans doute entre les mains aucune œuvre profane. Il a fait œuvre de philosophe en même temps que de traducteur."

  31. ———. 1979. "Plato apud Bohemos." Mediaeval Studies no. 41:161-214.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 347-402.

  32. ———. 1980. "Guillaume de Malmesbury, premier éditeur anglais du Periphyseon." Recherches de théologie ancienne et médiévale:148-179.

    Numéro spécial: 'Sapientiae doctrina'. Mélanges de théologie et de littérature médiévales offerts à Dom Hildebrand Bascour O.S.B.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 489-521.

  33. ———. 1980. "La division des sexes chez Grégoire de Nysse et chez Jean Scot Érigène." In Eriugena. Studien zu seinen Quellen, edited by Beierwaltes, Werner, 33-54. Heidelberg: Carl Winter.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 341-364.

  34. ———. 1980. "Jean de Salisbury évêque de Chartres." Notre-Dame de Chartres no. 11:4-13.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 659-673.

  35. ———. 1981. "Pierre Abélard à Saint Denis." In Abélard en son temps. Actes du Colloque international organisé à l'occasion du IXe centenaire de la naissance de Pierre Abélard. (14-19 mai 1979), edited by Jolivet, Jean, 161-173. Paris: Les Belles Lettres.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 167-181.

  36. ———. 1982. "Jean l'Érigène et les Ambigua ad Iohannem de Maxime le Confesseur." In Maximus Confessor. Actes du symposium sur Maxime le Confesseur, Fribourg, 2-5 septembre 1980, edited by Heinzer, Felix and Schönborn, Christoph, 343-364. Fribourg: Éditions universitaires.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 189-210.

  37. ———. 1982. "Un 'dossier' carolingien sur la création de l'homme (Genèse I, 26-III, 24)." Revue des Etudes augustiniennes no. 28:112-132.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 559-580.

  38. ———. 1982. "Gloses et commentaires de textes philosophiques (IXe-XIIe s.)." In Les genres littéraires dans les sources théologiques et philosophiques médiévales. Définition, critique et exploitation. Actes du Colloque International de Louvain-la-Neuve 25-27 mai 1981, 117-131. Louvain-la-Neuve: Publications de l'Institut des Etudes médiévales.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 283-299.

  39. ———. 1983. "Pseudo-Dionysius, Gregory of Nyssa, and Maximus the Confessor in the Works of John Scottus Eriugena." In Corolingian Essays. Andrew W. Mellon Lectures in Early Christian Studies, edited by Blumenthal, Ute-Renate, 137-149. Washington: Catholic University Press of America.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 175-187.

  40. ———. 1983. "The Verses of the Codex Aureus of Saint Emmeram." Studi Medievali no. 24:75-120.

    En collaboration avec Paul Edward Dutton.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 591-638.

  41. ———. 1984. "Jean de Salisbury et la lecture des philosophes." In The World of John of Salisbury, edited by Wilks, Michael, 77-108. Oxford: Blackwell.

    Publié aussi dans la Revue des Études augustiniennes, 29, 1983, pp. 145-173.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 301-332.

  42. ———. 1985. "Pour le dossier d'Israël Scot." Archives d'histoire doctrinale et littéraire du Moyen Age no. 52:7-72.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 639-706.

  43. ———. 1986. "Jean Scot et l'ironie." In Jean Scot écrivain, edited by Allard, Guy-H., 13-27. Paris: Vrin.

    Repris dans: Études érigéniennes, pp. 321-337.

  44. ———. 1987. "Le renouveau érigénien du XII siècle." In Eriugena Redivivus. Zur Wirkungeschichte seines Denkens im Mittelalter und im Übergang zur Neuzeit, edited by Beierwaltes, Werner, 26-46. Heidelberg: Carl Winter.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 439-460.

    "Je me contenterai d'étudier le rôle joué par le douzième siècle dans la transmission des textes érigéniens. Pour ce faire, il me paraît indispensable d'examiner individuellement chacune des oeuvres de l'Erigène. Chacune d'elles, en effet, a eu son destin propre, sa fortune particulière, qui ne coïncident pas toujours - ou plutôt, qui coïncident rarement - avec la fortune et le destin des autres oeuvres.

    Je ne dirai rien des 'Annotationes in Martianum' dont la fortune est riche certes, mais qui soulèvent des problèmes d'authenticité quasiment insolubles(4). Du 'De praedestinatione', il n'y a rien à dire. En effet, comme le remarque son récent éditeur, "il n'en est fait aucune mention ... dans la littérature théologique du Moyen Age", et il ne sera "exhumé qu'au XVIIe siècle, lors de la controverse janséniste"(5).

    Des traductions érigéniennes, au contraire, il y aurait beaucoup à dire, moins en ce qui concerne Grégoire de Nysse et Maxime le Confesseur, qu'en ce qui concerne le pseudo-Denys. Mais, exception faite de la 'Hiérarchie céleste', nous n'avons pas d'édition critique de la traduction de Denys par Jean Scot; et si l'histoire de la tradition dionysienne en Occident a déjà été explorée par d'excellents pionniers, il s'en faut, et de beaucoup, qu'elle nous soit en tout point connue. Pour ces raisons, je vous prie de m'excuser si je passe sous silence cet important aspect de l'influence érigénienne au douzième siècle. Enfin, j'écarte de mon propos les 'Carmina'.

    (,,,)

    Mon champ d'investigation se limitera à cette partie de l'oeuvre érigénienne que Dom Cappuyns aimait se représenter sous la forme d'un triptyque: sur le panneau central le 'Periphyseon', sur l'un des volets l'homélie 'Vox spiritualis' et le commentaire sur l'évangile de Jean, sur l'autre volet les 'Expositiones in Hierarchiam caelestem'(8).

    (4) H. Liebeschütz. “The Place of the Martianus ‘Glossae’ in the Development of Eriugena’s Thought”, dans The Mind of Eriugena. Papers of a Colloquium, Dublin, 14-18 July 1970, édit. J. J. O’Meara - L. Bieler, Dublin 1973, pp. 49-58. G. Schrimpf, “Zur Frage der Authentizität unserer Texte von Johannes Scottus‘Annotationes in Martianum’”, ibid., pp. 125-139. C. Leonardi, “Glosse eriugeniane a Marziano Capella in un codice Leidense”, dans Jean Scot Erigène et l’histoire de la philosophie, édit. R. Roques, Paris 1977, pp. 171-182. On consultera les communications faites par Μ. Claudio Leonardi au colloque Jean Scot écrivain tenu à Montréal en 1983 (édit G.-H. Allard) et au colloque Eriugena rediuiuus tenu à Bad Homburg en 1985 [dans ce volume pp. 77-88).

    (5) G. Madec, Edit. lohannis Scotti de diuina praedestinatione liber, CCM 50, Turnhout 1978, pp. IX et X.

    (8) Μ. Cappuyns, Jean Scot Erigène, sa vie, son oeuvre, sa pensée, Louvain - Paris 1933, p. 182.

  45. ———. 1987. "Jean Scot et la métaphysique du feu." In Études érigéniennes, 297-319. Paris: Études augustiniennes.

  46. ———. 1987. "Le thème du retour." In Études érigéniennes, 365-394. Paris: Études augustiniennes.

  47. ———. 1988. "Jean Scot traducteur de Maxime le Confesseur." In The Sacred Nectar of the Greeks: The Study of Greek in the West in the Early Middle Ages, edited by Herren, Michael W. and Brown, Ann Shirley, 257-276. London: King's College.

    "Jean Scot, surnommé l’Erigéne, s’est distingue, au IXe siècle, non seulement comme penseur, mais comme traducteur. Les principaux textes grecs traduits par lui sont: les oeuvres complétés de Denys l’Arëopagite, une oeuvre de Grégoire de Nysse, le De imagine (vulgairement appelé De opificio hominis), et deux oeuvres de Maxime le Confesseur, les Quaestiones ad Thalassium et les Ambigua ad Iohannem. L'art de traduire, tel que Jean Scot l’a pratiqué, a fait l’objet de plusieurs études. A l’exception d’un article, qui porte sur la traduction de Grégoire de Nysse,(1) ces études s’appuient sur la traduction de Denys.(2) La raison en est simple: les seules traductions érigéniennes qui aient été éditées jusqu’ici sont précisément celles de Grégoire de Nysse et du pseudo-Denys.(3) La version érigénienne des Quaestiones ad Thalassium, en partie publiée,(4) et celle des Ambigua ad Iohannem, qui doit être publiée prochainement,(5) devraient permettre d’élargir l’enquête. Ayant consacré une bonne dizaine d’années à préparer l’édition de la version érigénienne des Ambigua, j’ai pu, en marge de mon travail d’éditeur, faire certaines observations sur la traduction de Jean Scot, ses mérites et ses déficiences. Les remarques qui suivent sont le résultat de ces observations. Il ne faut pas y chercher un exposé systématique des problèmes relatifs à Jean Scot traducteur. Ce sont des notes de lecture, rien de plus." (p. 257)

    (...)

    "En bref, la traduction érigénienne des Ambigua ad Iohannem n’intéresse pas seulement le philologue; elle interésse aussi - j’allais dire surtout - l’historien des idées. Car la découverte de Maxime a joué un rôle prépondérant dans la formation de la pensée philosophique de Jean Scot. Or, c'est en le traduisant, que Jean Scot a découvert Maxime. Ne voir dans les traductions érigéniennes que les non-sens, les contresens et les a-peu-près, c’est regarder les choses par le petit bout de la lorgnette, et oublier l’essentiel: un homme est là, aux prises avec une pensée entièrement nouvelle pour lui, luttant contre la gangue du langage qui la dérobe â ses yeux. De ce combat inégal, lutte de Jacob contre l’Ange, l’Erigène, en dépit de quelques erreurs de tactique, est finalement sorti avec honneur." (p. 272)

    (1) P. Levine, "Two Early Latin versions of St. Gregory of Nyssa’s περὶ κατασκευης ἀνθρώπουv," Harvard Studies in Classical Philology 63 (1958), 473-492.

    (2) G. Théry, "Scot Erigène traducteur de Denys," Archivum Latinitatis Medii Aevi 6 (1931), 185-278. R. Roques, "Traduction ou interprétation? Brèves remarques sur Jean Scot traducteur de Denys," dans J.J. O’Meara et L. Bieler (éds.), The Mind of Eriugena. Papers of a Colloquium, Dublin, 14-18 July 1970 (Dublin 1973), 59-76; reproduit dans R.Roques, Libres sentiers vers l’érigénisme (Rome, 1975), 99-130. J.Pépin, "Jean Scot traducteur de Denys: l’exemple de la Lettre IX," dans G.H. Allard (éd.), Jean Scot écrivain. Actes du IVe Colloque international, Montreal, 28 août - 2 septembre 1983 (Montréal et Paris, 1986), 129-141.

    (3) Notons, toutefois, que l’étude de Philip Levine, citée ci-dessus (n. 1) a paru avant l'édition de la version erigénienne: M.Cappuyns, "Le De imagine de Grégoire de Nysse traduit par Jean Scot Erigène," Recherches de Théologie ancienne et médiévale 32 (1965), 205-262.

    (4) C. Laga et C. Steel (éds.), Maximi Confessoris Quaestiones ad Thalassium, I. Quaestiones l-LV, una cum latina interpretatione loannis Scotti Eriugenae iuxta posit a, CCSG 7, (Turnhout, 1980). Le second volume (Quaestiones LVI-LXV) est sous presse [1990].

    (5) E. Jeauneau (éd.), Maximi Confessoris Ambigua ad iohannem iuxta Iohannis Scotti Eriugenae latinam interpretationem CCSG 18 (sous presse) [1988].

  48. ———. 1988. "Berkeley, University of California, Bancroft Library MS 95 (Notes de lecture)." Mediaeval Studies no. 50:438-456.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 675-698.

  49. ———. 1989. "L'édition du livre IV du Periphyseon." In Giovanni Scoto nel suo tempo. L'organizzazione del sapere in età Carolingia, 469-486. Spoleto: Centro italiano di studi sull'Alto Medioevo.

  50. ———. 1989. "Jean Scot Érigène: grandeur et misère du métier de traducteur." In Traduction et traducteurs au Moyen Age. Actes du colloque international, Institut de recherche et d'histoire des textes, 26-28 mai 1986, edited by Contamine, Geneviève, 99-108. Paris: Editions du C.N.R.S.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 231-242.

  51. ———. 1990. "Jean Scot et la métaphysique des nombres." In Begriff und Metapher. Sprachform des Denkens bei Eriugena, edited by Beierwaltes, Werner, 126-141. Heidelberg: Carl Winter.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 461-477.

    "Parmi les disciplines que les penseurs antiques et médiévaux ont pratiquées avec ferveur, celles qui déroutent le plus le lecteur moderne sont probablement l’étymologie et l’arithmologie. Il est tenté de voir en elles des tics ou des manies, excusables chez des gens qui ont eu la malchance de naître en des temps moins éclairés que le sien: dans le meilleur des cas il les excuse, il a de la peine à les prendre au sérieux. Nos ancêtres, cependant, voyaient différemment les choses. Ni l’étymologie ni l’arithmologie n’étaient pour eux jeux puérils. A leurs yeux, l’une et l’autre étaient des voies privilégiées pour accéder à la connaissance du réel.

    (...)

    On pourrait dire que, pour toute une famille d’esprits, tant dans l’antiquité tardive que dans le Moyen Age, l’étymologie était la métaphysique des noms, cependant que l’arithmologie était la métaphysique des nombres6. Comment Jean Scot a-t-il pratiqué cette dernière? C’est ce que je me propose d’examiner ici." (p. 126)

    (...)

    "J’ai promis de revenir sur la division quadripartite de la nature. Le nombre quatre, avons-nous dit, est le nombre de l’univers, d’un univers ordonné. Ce nombre, selon les Pythagoriciens, “contient les racines de la nature éternelle”(127). Il convient donc parfaitement à une division de la nature. Mais pourquoi précisément la division de la nature telle que Jean Scot l’a formulée au début du Periphyseon? Les quatre membres de cette division sont: I. Nature qui crée et n’est pas créée IL Nature qui est créée et qui crée III. Nature qui est créée et qui ne crée pas IV. Nature qui ne crée pas et qui n’est pas créée(128). Inglis Patrick Sheldon-Williams n’avait pas manqué d’observer que cette division de la nature n’est pas sans analogie avec une division quadripartite des nombres, que l’on trouve chez Philon d’Alexandrie(129). Si l’on examine les nombres qui sont contenus dans les limites de la décade, on constate que ces nombres se répartissent en quatre catégories: I. Nombres qui engendrent et ne sont pas engendrés II. Nombres qui sont engendrés et qui engendrent III. Nombres qui sont engendrés et qui n’engendrent pas IV. Nombres qui n’engendrent pas et ne sont pas engendrés(130). Il va sans dire que Jean Scot n’a pas lu Philon d’Alexandrie. Mais la division quadripartie des nombres a pu lui arriver par d’autres intermédiaires. Sheldon-Williams proposait Macrobe et saint Augustin. Sans exclure entièrement ces derniers, il me semble que Martianus Capella est un meilleur candidat(131). La seule différence remarquable entre les deux divisions concerne le verbe: creare chez Jean Scot, generare (γεννάν) chez Philon. En fait, la différence est moins importante qu’on pourrait croire. Martianus Capella considère les verbes gignere et procreare comme pratiquement interchangeables; et, parlant de la tétrade (quatre), il écrit: “Tétras autem et créât et creatur”(132). Faut-il conclure que les spéculations pythagoriciennes sur les nombres ont pu donner à Jean Scot l’idée de sa division quadripartite de la nature? Ce n’est là qu’une hypothèse. Si elle était démontrée, elle confirmerait l’opinion que j’ai essayé de formuler dans ce petit essai, à savoir que la “métaphysique des nombres” peut déboucher parfois sur la métaphysique tout court." (p. 141)

    127 πηγήν άενάου φύσεως φιζώματ' Εχονσαν (Sextus Empiricus, Aduersus arithmeticos, 2. Cf. ci-dessus, n. 78.

    128 Periphyseon, I, 36.21-24; PL 122, 441B.

    129 Iohannis Scotti Eriugenae Periphyseon, lib. I, ed. I. P. Sheldon-Williams, Dublin 1968, p. 222-223.

    130 Philon d'Alexandrie, De opificio mundi, 99 (Cohn-Wendland, editio minor, vol. 1, Berlin 1896, p. 27,28-31; traduction de R. Arnaldez, Paris 1961, p. 207).

    131 E. Jeauneau, Etudes érigéniennes, Paris 1987, p. 367-368.

    132 “Namque omnes numeri intra decadem positi aut gignunt alios aliisque gignunturaut procre-antur; hexas, ogdoas generantur tantummodo, tétras autem et créât et creatur, heptas uero quod nihil gignit eo peruirgo perhibetur, sed quod a nullo nascitur hinc Minerva est.” (Martianus Capella, De Nuptiis, VII, 738; éd. A. Dick - J. Préaux, p. 372-373). Pour un texte corrigé on consultera l’édition de James Willis [*], p. 266-267.

    [*] De nuptiis Philologiae et Mercurii, Leipzig : B.G. Teubner 1983,

  52. ———. 1991. "The Neoplatonic Themes of Processio and Reditus in Eriugena." Dionysius no. 15:3-29.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 511-539.

    "Needless to say my purpose is not to draw up an inventary of all the Neoplatonic elements which Eriugena could cull from the works of Pseudo-Dionysius. As I have said before, I shall concentrate on two themes, those of Processio (Procession) and Reditus (Return), and examine how - successfully or not - these Neoplatonic themes have been integrated into the Eriugenian synthesis." (p. 8)

    (...)

    "In fact, these two notions constitute the leitmotiv of Eriugena's major work, the Periphyseon. According to him, they are also among the most important themes developed by Maximus the Confessor in his Ambigua ad Iohannem, for in this book, the reader may discover

    what the Procession is, namely the multiplication of divine Goodness through all beings, from the supreme to the lowest, beginning with the general Essence of all things first, descending then to the most general genera, then to the less general of them, then from the less special species to the most special of them through differences and properties; again what is the Return - i.e., unification - of divine Goodness, through the same steps, from the infinitely various multiplicity of all beings up to the supreme unity of all things, that is in God and is God. And so God is all things, and all things are God. (30)" (p. 10)

    (...)

    "Periphyseon is not only a discourse about the division (or Procession), but also, and at the same time, a discourse about unification (or Return).

    And if the two themes, Procession and Return, cannot be considered independently from each other, it is because neither can be understood separately from the third member of the triad, i.e., Immanence. Books III and IV of Periphyseon belong to the literary

    genre called Hexaemeron, meaning a treatise on creation, in which the author follows the narrative of the six days of Genesis. The purpose of Eriugena, however, is not to show the temporal unfolding of the created multiplicity from the creating Unity. If it were that, his Periphyseon would be a Biblical commentary, not a philosophical dialogue. The purpose of Eriugena is not to give an historical account of creation, but rather to establish firmly its rational foundations." (p. 11)

    (30) Maximi Confessoris Ambigua ad Iohannem iuxta Iohannis Scotti Eriugenae latinam interpretationem, Epistula ad Karolum Regem, 27-35 (CCSG 18, p. 4). Cf. Plotinus, Enneads, I.3.4.

  53. ———. 1991. "Vox spiritualis Aquilae. Quelques épis oubliés." In From Augustine to Eriugena. Essays on Neoplatonism and Christianity in honor of John O'Meara, edited by Martin, Francis X. and Richmond, John A., 107-116. Washington: Catholic University of America Press.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 499-510.

    "Lorsque, en 1969, j’éditai l’homélie érigénienne Vox spiritualis Aquilae, je la fis précéder d’une introduction dans laquelle, entre autres choses, j’esquissais à grands traits la fortune de ce texte.(1) Depuis, de nouveaux témoignages de cette fortune sont venus à ma connaissance. Ce sont eux que je voudrais présenter ici. Avant toute autre chose, je tiens à dire que la plupart de ces témoignages m’ont été signalés par des collègues ou des amis. La glane que j’en ai faite n’a pu être rassemblée que grâce à leur concours. Elle est un des fruits du mouvement d’intérêt pour la pensée érigénienne que le professeur John J. O’Meara a su capter et auquel il a réussi à communiquer une nouvelle et vigoureuse impulsion; il est juste de lui en faire hommage.

    La preuve la plus évidente de la fortune de la Vox spiritualis est le grand nombre des manuscrits qui nous en ont conservé le texte. On en comptait cinquante-quatre en 1969. Depuis lors, seize témoins nouveaux ont été découverts, ce qui porte à soixante-dix le nombre des manuscrits qui, en tout ou en partie, contiennent l’homélie érigénienne.2 A cela s’ajoutent les bréviaires, dans lesquels cette homélie, réduite à quelques lignes il est vrai, est cependant représentée." (p. 107)

    "Un autre témoin de l’influence de la Vox spiritualis à l’époque carolingienne est un commentaire sur les Opuscula sacra de Boèce qu’Edward K. Rand a publié sous le nom de Jean Scot.(9) En réalité, ce commentaire, le plus ancien que nous possédions sur les opuscules théologiques de Boèce, n’est pas de Jean Scot, mais d’un auteur anonyme, incontestablement influencé par lui.(10)" (pp. 108-109)

    (1) Jean Scot, Homélie sur le Prologue de Jean, Coll. Sources chrétiennes, 151 (Paris, 1969), 130-67.

    (9) E. K. Rand, Johannes Scottus. I. Der Kommentar des Johannes Scottus zu den Opuscula sacra des Boethius (Quellen und Untersuchungen zur lateinischen Philologie des Mittelalters 1,2), Munich 1906.

    (10) M. Cappuyns, “Le plus ancien commentaire des Opuscula sacra et son origine,” dans RTAM[Recherches de théologie ancienne et médiévale] 3 (1931), 237-72. H. Silvestre, “La Consolation de Boèce et sa tradition littéraire,” dans Revue d‘Histoire ecclésiastique 64 (1969), 27-28 [23—36]. C. Leonardi, “La controversia trinitaria nell’ epoca e nell’opera di Boezio,” dans Atti del Congresso internazionale di studi boeziani (Rome, 1981), 109, n. 5 [109-22].

  54. ———. 1991. "Heiric d'Auxerre disciple de Jean Scot." In L'Ecole carolingienne d'Auxerre de Murethach à Rémi, 830-908: Entretiens d'Auxerre 1989, edited by Iogna-Prat, Dominique, Jeudy, Colette and Lobrichon, Guy, 353-370. Paris: Beauchesne.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 479-498.

    "Bien des facteurs interviennent dans la formation d’un grand écrivain ou d’un grand penseur. Le moindre d’entre eux n’est pas le génie, condition sine qua non à laquelle aucune école, aucune technique ne sauraient suppléer. Cependant, ni l’art d’écrire ni l’art de penser ne sont donnés au berceau. Ils se cultivent, ils se développent, si le terrain est propice : c’est à quoi servent les écoles et les maîtres. Le talent littéraire d’Heiric d’Auxerre force l’admiration. Comment s’est-il formé, et sous l’influence de quels maîtres ? Nous pouvons sans crainte d’erreur en citer trois : Haymon d’Auxerre, Servat Loup, et Jean Scot surnommé l’Erigène. Heiric a lui-même reconnu sa dette envers les deux premiers dans la préface à ses Collectanea : à Loup il se dit redevable de sa culture profane, à Haymon de sa culture théologique(1). Il ne mentionne pas le troisième, auquel il est redevable de ce que, non sans anachronisme, nous appelons sa culture philosophique. D’après la « Généalogie des lettrés » (Grammaticorum Διαδοχή) de Gautbert, c’est l’Irlandais Hélie, devenu par la suite évêque d’Angoulême, qui aurait initié Heiric à la pensée de Jean Scot(2). Le Frère Quadri a fait justement remarquer qu’un tel intermédiaire n’est pas indispensable. On a tout lieu de croire en effet qu’Heiric a connu Jean Scot personnellement au cours d’un séjour à Saint-Médard de Soissons(3). Si l’Erigène n’est pas nommé dans la préface des Collectanea, c’est sans doute parce que cette œuvre ne lui doit rien." (p. 353)

    (...)

    "L’influence érigénienne est particulièrement évidente en trois passages de la Vita sancii Germani : l’Inuocatio, la préface du livre VI, les vers 536-566 du livre VI. Hâtons-nous de dire que le caractère érigénien de ces passages est connu depuis longtemps. Ludwig Traube, en rééditant en 1896 dans les Monumenta Germaniae Historica, [M.G.H.] Poetae Latini Aeui Carolini, III, la Vita sancti Germani (éditée une première fois par les Bollandistes et reproduite par la Patrologie latine, tome 124, colonnes 1131-1208), eut la bonne idée de publier les scholies qui accompagnent les vers d’Heiric dans le manuscrit latin 13757 de la Bibliothèque Nationale. Or, plusieurs de ces scholies ne sont rien d’autre que des extraits du Periphyseon. Hauréau fut sans doute le premier à identifier les citations érigéniennes véhiculées par les scholies de la Vita sanctii Germani(24). Mais c’est à Traube que revient le mérite de l’avoir fait de façon systématique. Les notes de son édition contiennent les références au Periphyseon (édité par Floss dans le tome 122 de la Patrologie latine). Il suffit donc, pour étudier l’érigénisme de la Vita sancti Germani, d’utiliser les références données par Traube, en les complétant, et en les corrigeant à l’occasion. C’est ce que j’ai essayé de faire, en comparant l’édition des Monumenta Germaniae Misterica avec le manuscrit qui a servi à l’établir." (356)

    (1) Préface aux Collectanea, vers 11-14 (M.G.H., Poetae III, p. 427).

    (2) Texte cité par L. Traube dans M.G.H., Poetae III, p. 422, n. 2.

    (12) B. Hauréau, Histoire de la philosophie scolastique (cit. n. 12), Ie partie, Paris 1872.

    (24) B. Hauréau, Histoire de la philosophie scolastique (cit. n. 12), Ie partie, p. 181-184.

  55. ———. 1991. "Note critique sur une récente édition de la Theologia 'Summi Boni' et de la Theologia 'Scholarum' d'Abélard." Revue des Etudes augustiniennes no. 37:151-158.

  56. ———. 1992. "Le De paradiso d'Ambroise dans le livre IV du Periphyseon." In Sophies maietores (Chercheurs de sagesse). Hommage à Jean Pépin, edited by Goulet-Cazé, Marie-Odile, Madec, Goulven and O'Brien, Denis, 561-571. Paris: Institut d'études Augustiniennes.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 217-229.

  57. ———. 1994. "Θεoτoκία grecs conservés en version latine." In Philohistor. Miscellanea in honorem Caroli Laga septuagenarii, edited by Schoors, Antoon and Van Deun, Peter. Leuven: Peeters.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 255-279.

  58. ———. 1994. "De l'art comme mystagogie (Le Jugement dernier vu par Érigène)." In De l'art comme mystagogie. Iconographie du Jugement dernier et des fins dernières à l'époque gothique, edited by Christe, Yves, 1-8. Poitiers: Centre d'Études supérieures de Civilisation médiévale.

    Actes du colloque de la Fondation Hardt tenu à Genève du 13 au 16 février 1994.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 559-568.

    Résumé: "Lorsqu'il aborde le thème des fins dernières, Érigène dénonce sans ménagement, parfois avec sarcasme, les représentations sensibles qui en sont proposées dans la prédication courante, voire dans les homélies des Pères. Aurait-il condamné, s'il avait pu les connaître, les grandioses compositions qui ornent les porches de nos cathédrales ? Ne le concluons pas trop vite. En effet, on trouve chez cet auteur les linéaments d'une esthétique sacrée. Cette esthétique pourrait se résumer en un mot, emprunté à Denys l'Aréopagite et à Maxime le Confesseur : mystagogie (introduction aux mystères). Loin d'exclure l'art, Érigène lui assigne un rôle primordial, celui de frayer la voie à la contemplation théologique. L'erreur qu'il dénonce consiste à s'arrêter en chemin, à prendre le vestibule pour le sanctuaire."

  59. ———. 1995. "Le 'Cogito' érigénien." Traditio no. 50:95-110.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 541-558.

    "Qu'il y ait un Cogito érigénien, personne, je pense, n'y contredira. Que la source ultime en soit saint Augustin, personne non plus ne le contestera. Mais ce Cogito est-il vraiment une anticipation, une première ébauche du Cogito cartésien? Cela est beaucoup moins sûr. Pour en décider, le mieux est de relire les textes dans lesquels Érigène a formulé son Cogito. Assurément, cela a déjà été entrepris par d'excellents chercheurs, notamment par celui auquel je dédie amicalement ces lignes.(7) Mon excuse pour rouvrir le dossier est la suivante. Je viens de préparer une édition du livre 4 du Periphyseon.(8) A cette occasion j'ai dû relire le passage dans lequel a été formulé le Cogito érigénien. Or, pour des raisons que j'exposerai dans un instant, l'établissement du texte ne va pas sans difficulté. Avant de discuter du Cogito lui-même, il importe de s'assurer de la fiabilité du texte qui le contient. Je me propose de procéder en deux temps: 1) La formulation du Cogito érigénien; 2) Sa portée philosophique. (p. 96)

    "Le Cogito érigénien se trouve formulé au livre 4 du Periphyseon, 776 BC.

    Dans le manuscrit le plus ancien (Reims, Bibliothèque municipale MS 875, fol. 291r), exemplaire de travail, chargé, voire surchargé de grattages, de ratures, de corrections, et d'additions de toute sorte, le passage qui nous intéresse a été remanié. La plupart de ces remaniements sont dus à l'une des deux mains irlandaises que l'on rencontre dans les manuscrits érigéniens, très précisément la main que l'on appelle "i1" et qu'à juste titre on considère comme étant celle d'Érigène lui-même. Je considérerai ce point comme acquis et parlerai de "la main d'Érigène" là où de plus prudents que moi parleraient de "la main i1."

    Disons tout de suite que les remaniements apportés par Érigène à la formulation de son Cogito sont d'ordre plus littéraire que doctrinal. Ils n'en ont pas moins dérouté les lecteurs et les éditeurs du Periphyseon. Il n'est donc pas superflu de les examiner. Je reproduirai d'abord le texte tel qu'on le lit dans le manuscrit de Reims; je rappellerai ensuite comment les différents éditeurs du Periphyseon l'ont compris; enfin je dirai comment, à mon avis, on doit le lire." (p. 96)

    "En bref, la triade essentia, uirtus, operatio (ούσία, δύναμις, ένέργεια) n'est introduite que pour acheminer vers une autre triade, mens, ratio, sensus interior (voùç, λόγος, διάνοια), qui est, en l'homme, l'image de la Trinité créatrice.(74)

    Sur ce point comme sur plusieurs autres, Érigène se plaît à souligner l'accord de Denys l'Aréopagite et d'Augustin d'Hippone.

    (...)

    Ce recours aux autorités patristiques montre bien que nous sommes sortis du champ philosophique du Cogito et entrés dans le champ de la réflexion théologique, celui de la Fides quaerens intellectum. Mais cela ne remet pas en question ce que le Cogito érigénien a établi: "L'âme humaine sait qu'elle est une nature douée de raison et d'intellect; elle ne connaît l'essence ni de l'intellect ni de la raison". (78)" (p. 110)

    (7) Brian Stock, "lntelligo me esse: Eriugena's Cogito," Jean Scot Érigène et l'histoire de la philosophie, éd. R. Roques (Paris, 1977), 328-35. Willemien Otten, The Anthropology of Johannes Scottus Eriugena (Leyden, 1991), 184-89, 207-08, 210-11.

    (8) Collection "Scriptores Latini Hiberniae," 13 (Dublin, 1995).

    (74) Periphyseon 1. 486BC, 489C-489D, 505C-D; 2. 567AB; 4 825C.

    (77) Periphyseon 5. 941D-942B.

    (78) Periphyseon 4. 776C.

  60. ———. 1995. "Some remarks on the Muckle translation of Abelard's Adversities." Mediaeval Studies no. 57:337-343.

    En collaboration avec Edward A. Synan.

  61. ———. 1996. "Artifex Scriptura." In Iohannes Scottus Eriugena. The Bible and Hermeneutics, edited by Van Riel, Gerd, Steel, Carlos and McEvoy, James, 351-365. Leuven: Leuven University Press.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 67-83.

  62. ———. 1996. ""Sensus" dans l'exégèse biblique du haut Moyen Âge (IXe-XIIe siècle)." In Lessico Intellettuale Europeo 66: Sensus-Sensatio. VIII Colloquio Internazionale. Roma 6-8 Gennaio 1995, edited by Bianchi, Luigi Massimo, 25-35. Firenze: Olschki.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 85-97.

  63. ———. 1997. "Néant divin et théophanie (Érigène disciple de Denys)." In Langages et philosophie. Hommage à Jean Jolivet, edited by de Libera, Alain, Elamrani-Jamal, Abdelali and Galonnier, Alain, 331-337. Paris: Vrin.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 137-145.

  64. ———. 1997. "Denys l'Aréopagite, promoteur du néoplatonisme en Occident." In Néoplatonisme et philosophie médiévale, edited by Benakis, Linos G., 1-23. Turnhout: Brepols.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 111-135.

  65. ———. 1997. "L'abbaye de Saint-Denis introductrice de Denys en Occident." In Denys l'Aréopagite et sa postérité en orient et en Occident, edited by de Andia, Ysabel, 361-378. Paris: Institut d'Études augustiniennes.

    Actes du colloque international, Paris, 21-24 septembre 1994.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 147-166.

  66. ———. 1997. "Jean de Salisbury et Aristote." In Aristote, l'École de Chartres et la Cathédrale. Actes du colloque des 5 et 6 juillet 1997, edited by Faloci, Roger, 33-39. Chartres: Association des Amis du Centre Médiéval Européen de Chartres.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 403-411.

  67. ———. 1997. "La place de la Consolation de Philosophie de Boèce dans les "Manuels de l'Étudiant" en la première moitié du treizième siècle." In L'enseignement de la philosophie au XIII siècle. Autour du "Guide de l'étudiant" du ms. Ripoll 109. Actes du Colloque International, edited by Lafleur, Claude and Carrier, Joanne, 181-201. Turnhout: Brepols.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 413-435.

  68. ———. 1997. "Les Maîtres chartrains." In Monde médiéval et société chartraine. Actes du colloque tenu à Chartres, 8-10 septembre 1994. Paris: Picard.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 699-715.

  69. ———. 1997. "L’École de Chartres." In “Dedens mon livre de pensée...”. De Grégoire de Tours à Charles d’Orléans, une histoire du livre médiéval en région Centre, edited by Holtz, Louis, Rabel, Claudia and Lalou, Elisabeth, 54-74. Paris: Somogy éditions d’art.

  70. ———. 1998. "Érigène et Grégoire de Nysse." In Du copiste au collectionneur. Mélanges d'histoire des textes et des bibliothèques en l'honneur d'André Vernet, edited by Nebbiai-Dalla Guarda, Donatella and Genest, Jean-François, 57-69. Turnhout: Brepols.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 201-215.

  71. ———. 2000. "Le commentaire de Guillaume de Lucques sur les Noms divins." In Die Dionysius-Rezeption im Mittelalter, edited by Boladjev, Tzotcho, Kapriev, Georgi and Speer, Andreas, 177-195. Turnhout: Brepols.

    Internationales Kolloquium in Sofia von 8. bis 11. April 1999 unter der Schirmherrschaft der Société Internationale pour l'Étude de la Philosophie Médiévale.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 183-200.

  72. ———. 2000. "La figure de Melchisédech chez Maxime le Confesseur." In Autour de Melchisédech. Mythe - Réalités - Symbole. Actes du colloque européen des 1er et 2 juillet 2000., 51-59. Chartres: Association des Amis du Centre Médiéval Européen de Chartres.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 243-253.

  73. ———. 2000. "L'influence des traductions érigéniennes sur le vocabulaire philosophique du Moyen Âge : simples remarques." In L'élaboration du vocabulaire philosophique au Moyen Âge, edited by Hamesse, Jacqueline and Steel, Carlos, 157-169. Turnhout: Brepols.

    Actes du Colloque international de Louvain-la-Neuve et Leuven, 12-14 septembre 1998, organisé par la Société internationale pour l'étude de la philosophie médiévale.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 569-583.

    "Que les traductions érigéniennes de Denys l’Aréopagite et de Maxime le Confesseur aient pu influencer le vocabulaire philosophico-théologique du Moyen Âge latin, tout le monde, je pense, est disposé à l’admettre. Quant à juger cette influence, dire précisément dans quelle mesure et avec quel succès les néologismes créés par Érigène au neuvième siècle pour le besoin de ses traductions sont entrés dans le langage philosophique des siècles suivants, c’est là une entreprise qui demanderait un long examen. Disons tout de suite que je n’ai eu ni le temps ni la force de m’y livrer. Dans ces conditions, il me faut confesser que, ne pouvant traiter à fond le sujet que je m’ étais imprudemment proposé, je me limiterai à quelques remarques, que je distribuerai en deux catégories, suivant qu’Érigène, pour ses traductions, a dû recourir à des néologismes ou qu’il s’est contenté d’adapter, en leur insufflant un sens nouveau, des mots latins qui existaient déjà. Commençons par la partie la plus visible de l’iceberg, les néologismes." (p. 157)

    "Il est au moins un mot du vocabulaire philosophico-théologique créé par Érigène qui a survécu, et même a connu un franc succès, à savoir supernaturalis. Le P. de Lubac, qui a consacré un livre entier à la notion de « surnaturel » et à son développement historique, écrit : « C’est bien en tout cas au IXe siècle, par les traductions carolingiennes du pseudo-Denys, celle d’Hilduin et celle de Jean Scot Érigène, que supernaturalis fait sa véritable entrée dans la théologie. Encore au XIIe siècle, les divers Sententiaires l’ignorent, comme l’ignorait saint Anselme, comme l’ignorent saint Bernard et beaucoup d’autres »(48). Bien entendu, le sens donné par les théologiens modernes au mot supernaturalis diffère notablement de celui que lui donnait Érigène. Mais s’il s’agit du mot lui-même, il semble bien que Jean Scot — et accessoirement Hilduin, dont la traduction eut une diffusion limitée(49)—soit responsable de l’introduction de supernaturalis dans le vocabulaire théologique latin."

    (48) H. de Lubac, Surnaturel. Études historiques, Paris, 1946, p. 327.

    (49) La traduction d’Hilduin [des traités du Pseudo-Denys l'Aréopagite] fut utilisée par Guillaume de Lucques et par quelques porrétains.

  74. ———. 2001. "Nisifortinus: le disciple qui corrige le maître." In Poetry and Philosophy in the Middle Ages. A Festschrift for Peter Dronke, edited by Marenbon, John, 113-130. Leiden: Brill.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 585-603.

    "Dans la courte monographie que Paul Dutton et moi-même avons consacrée aux autographes érigéniens, nous nous sommes efforcés de démontrer que l’écriture de i2 n’est pas celle d’Erigène.(5) Ce point semble bien établi désormais. Il s’ensuit que la Version III, contenue dans le manuscrit B (Bamberg, Staatsbibliothek, Ms. Phil. 2,1) et dont i2 est responsable, n’a probablement pas reçu le ‘Bon à tirer’ de l’auteur. Le manuscrit B a été exécuté par d’excellents copistes carolingiens, qui avaient pour tâche de recopier, sous la surveillance de i2, le manuscrit R (Reims, Bibliothèque municipale, Ms. 875), exemplaire de travail de l’auteur. Le rôle de i2 dans la confection de B a été celui d’un ‘éditeur’ : il a ajouté des titres et des gloses dans les marges, et, là où l’auteur avait renvoyé de façon vague au Periphyseon, il a pris soin de préciser de quel livre il s’agit.(6) C’est lui aussi, sans doute, qui a décidé d’intégrer les notes marginales au texte principal.(7) Mais ses interventions ne s’arrêtent pas là : il a pris avec le texte d’Erigène des libertés qu’un auteur moderne ne serait certainement pas disposé à accorder à son éditeur.(8)

    Nous voilà avertis. La Version III, celle du manuscrit B, a été ‘arrangée’ par i2 : nous ne pouvons pas lui faire entière confiance. La Version IV, ‘édition revue et corrigée’ de la Version III, est encore moins fiable." (p. 114)

    (...)

    "Le rôle joué par i2 dans la transmission du texte du Periphyseon est si important, ses interventions si fréquentes qu’on se sent mal à l’aise de ne pouvoir désigner le personnage autrement que par un sigle : i2 (l’Irlandais numéro 2). À défaut d’un nom, ne pourrait-on lui donner un surnom ? J’ai pensé à Nisifortinus, sobriquet qui évoque la manière par laquelle cet Irlandais introduit certaines de ses remarques personnelles concernant la pensée de son compatriote Jean Scot Érigène." (p. 120)

    (5) É. Jeauneau - P. E. Dutton, The Autograph of Eriugena, pp. 108-110.

    (6) É. Jeauneau - P. E. Dutton, The Autograph of Eriugena, pp. 85-93.

    (7) Periphyseon III, ed. É. Jeauneau (Turnhout 1999) (CCCM 163), pp. xvi—xix.

    (8) Pour quelques exemples de cette manière de faire, cf. ibid., pp. xxi-xxiii.

  75. ———. 2002. "Érigène entre l'Ancienne et la Nouvelle Rome. Le Filioque." In Chemins de la pensée médiévale. Études offertes à Zénon Kaluza, edited by Bakker, Paul J.J.M., Faye, Emmanuel and Grellard, Christophe, 289-321. Turnhout: Brepols.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 605-639.

    "Le neuvième siècle est une période d’affrontement entre l’Ancienne et la Nouvelle Rome (Constantinople). Les relations entre les deux parties de l’empire, toujours difficiles, se détériorent alors de façon spectaculaire. Les causes en sont multiples. Les Byzantins s’inquiètent de la montée en puissance de la dynastie carolingienne ; les interventions fréquentes des monarques francs en Italie les indisposent; le couronnement impérial de Charlemagne par le pape, le 25 décembre 800, met un comble à leur irritation. A cela s’ajoutent les querelles théologiques, en premier lieu la querelle des images.

    (...)

    L’autre querelle théologique entre F Ancienne Rome et la Nouvelle est celle du « Filioque ». Le Symbole de la foi chrétienne dit « Symbole de Nicée-Constantinople » (381) s’exprime ainsi à propos de la troisième personne de la sainte Trinité: «(Je crois) aussi à l’Esprit-Saint, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père». Or, en Espagne, depuis la fin du sixième siècle au moins, on avait pris l’habitude d’ajouter: «et du Fils» («Filioque»). Cette habitude s’était progressivement étendue à d’autres parties du monde latin, non point à Rome toutefois, où l’on était resté fidèle au texte authentique, non contaminé, du Symbole de la foi. Cependant, la cour franque avait adopté le « Filioque » : on le chantait à Aix dans la chapelle impériale. Avec le temps, les clercs latins en étaient arrivés à considérer le « Filioque » comme partie intégrante du Symbole de Nicée-Constantinople." (pp. 289-290)

    (...)

    "Sur la question débattue de la procession du Saint-Esprit Erigène est allé dans la direction des Grecs aussi loin qu’un Latin de son temps et de son milieu pouvait le faire, peut-être plus loin même qu’aucun Latin ne le fera par la suite. Cela signifiait pour lui naviguer à contre-courant, aller à l’encontre des idées reçues, au risque de déplaire au prince qui l’honorait de son estime et de sa protection. Cependant, il s’est efforcé de concilier les points de vue divergents. C’est là un trait de son caractère. Bien que sa carrière ait commencé par une controverse sur la prédestination - controverse où on l’avait poussé plus qu’il ne s’y était engagé vraiment -, il est un homme de conciliation. Là réside, me semble-t-il, l’intérêt de sa position par rapport aux nombreux controversistes, grecs ou latins, qui ont traité de la procession du Saint-Esprit et du « Filioque». Pour conciliante qu’elle fût, cependant, sa solution avait peu de chance d’aboutir à un accord : les adversaires n’avaient pas envie de se réconcilier." (p. 320=

  76. ———. 2002. "Les Sirènes dans le chœur des Vieillards." In Religion, Text, and Society in Medieval Spain and Northern Europe: Essays in Honor of J. N. Hillgarth, edited by Burman, Thomas E., Meyerson, Mark D. and Shopkow, Lea, 319-334. Toronto: Pontifical Institute of Mediaeval Studies.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 717-734.

  77. ———. 2003. "The Neoplatonic Theme of Return in Eriugena." In Patristica. Proceedings of the Colloque of the Japanese Society for Patristic Studies. Vol. 7, 1-14.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 641-656.

    "Among the many triads dear to Neoplatonists, one of the best known is probably that which they use to explain how the universe is regulated by harmonious relations between the cause and its effects. These relations are formulated by Proclus (d. 485) in proposition 35 of his Elements of Theology: “Every effect remains in its cause, proceeds from it, and reverts upon it” Hence, in Greek the three parts of the triad are: monê (immanence in the cause, rest), proodos (procession from the cause), epistrophê (return to the cause, conversion). This famous triad, with many other Neoplatonic teachings, found its way into Christian thought, thanks to a skillful writer who claimed to be Dionysius the Areopagite. But the man in question could not have been the same one who had converted to Christianity upon hearing the discourse of Saint Paul before the Areopagus of Athens in the year 51 A.D. In fact, an analysis of writing style and vocabulary demonstrates that the text attributed to Dionysius the Areopagite could not have been written before the end of the fifth century. The “forgery,” however, was clever, for to attribute writings strongly and deeply influenced by the “pagan" philosophy of Proclus to Dionysius the Areopagite, the first bishop of Athens, was the surest way to protect them against any suspicion of heresy. Who could contradict the convert of Paul, depositary of an esoteric teaching which complemented the exoteric teaching delivered by the Apostle to the Gentiles in his Epistles? Translated from Greek into Latin, first by Hilduin in the second quarter of the ninth century, then by John Scottus Eriugena in the third quarter of the same century, the works of Dionysius the Areopagite were increasingly made available to Latin readers through the centuries. Certainly, important elements of Neoplatonic philosophy borrowed by the Latin Fathers, notably by Saint Augustine, had already entered the Latin world. However, thanks to Eriugena’s Latin rendering of the works of Dionysius, a new stream of Neoplatonic philosophy penetrated the Western part of the Christian world. While the Augustinian stream was mostly indebted to Plotinus and Porphyry, the Dionysian one owed much to Proclus.

    Yet Eriugena’s importance is not exhausted by his role as translator from Greek to Latin. The inventive nature of his thought created, for the first time in history, an original synthesis of the two main streams of Neoplatonism, the one originating in Plotinus and the other in Proclus. The work in which this synthesis is presented is a philosophical dialogue between a Master and his Disciple, which the author entitled Periphyseon. The general framework of this dialogue is the famous triad of which we spoke above, or, more precisely, the last two parts of it Procession (procession and Return (reditus, reuersio). The Procession, which is also multiplication (multiplicatio) and division (divisio), is the movement by which all things descend from Divine Goodness. The Return, which is also unification (congregatio, adunatio), is the movement by which all things return to the supreme unity, God. The plan itself of the Periphyseon faithfully follows this twofold movement. Books I, II, III and IV correspond to the movement of Procession: From “Nature which creates and is not created” (Book I), we descend to “Nature which is created and also creates” (Book II) , and then to “Nature which is created and does not create" (Books III and IV). Book V is entirely dedicated to the movement of return, a return whose end is “Nature which neither creates nor is created.”

    Procession and Return are the warp and the woof from which this marvellous tapestry, the Periphyseon, is woven." (pp.. 1-2, notes omitted)

  78. ———. 2003. "Thomas of Ireland and his De tribus sensibus sacrae scripturae." In With Reverence for the Word. Medieval Scriptural Exegesis in Judaism, Christianity, and Islam, edited by McAuliffe, Jane Dammen, Walfish, Barry D. and Goering, Joseph W., 284-291. New York: Oxford University Press.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 99-107.

  79. ———. 2003. "Prière pour obtenir l'intelligence des Écritures." In Xenium Natalicium. Corpus Christianorum 1953-2003: Fifty Years of Scholarly Editing, edited by Leemans, Johan, 296-299. Turnhout: Brepols.

    Traduction et commentaire d'un texte de Jean Scot Erigène, Periphyseon V, 1010BD; CCCM 165, pp. 210-211.

    Repris dans: Tendenda vela, pp. 61-65.

  80. ———. 2005. "Du désordre à l'ordre (Timée 30a)." In Platons Timaios als Grundtext der Kosmologie In Spätantike, Mittelalter und Renaissance / Plato's Timaeus and the Foundations of Cosmology in Late Antiquity, the Middle Ages and Renaissance, edited by Leinkauf, Thomas and Steel, Carlos, 253-264. Leuven: Leuven University Press.

  81. ———. 2007. "La conclusion du Periphyseon. Comment un dialogue devient un monologue." In Divine Creation in Ancient, Medieval, and Early Modern Thought. Essays Presented to the Rev'd Dr Robert D. Crouse, edited by Reschow, Michael, Otten, Willemien and Hannam, Walter, 223-234. Leiden: Brill.

  82. ———. 2008. "Nature et Natures dans le Periphyseon." In Natura. XII Colloquio Internazionale del Lessico Intellettuale Europeo (Roma, 4-6 gennaio 2007), edited by Giovannozzi, Delfina and Veneziani, Marco, 115-128. Firenze: Olschki.

  83. ———. 2008. "Fulbert, notre vénérable Socrate." In Fulbert de Chartres, précurseur de l'Europe médiévale?, edited by Rouche, Michel, 19-32. Paris: Presses de l'Université Paris-Sorbonne.

  84. ———. 2011. "Quand un médécin commente Jouvenal." In Guillaume de Conches. Philosophie et science au XIIe siècle, edited by Obrist, Barbara and Caiazzo, Irene, 111-122. Tavarnuzze (Firenze): Edizioni del Galluzzo.

  85. ———. 2013. "Le Periphyseon: son titre, son plan, ses remaniements." Les Études philosophiques no. 104:13-28.

  86. Jeauneau, Édouard, and Pelle, Stephen. 2013. "A Fragment of an Anonymous Commentary on Priscian Inserted into a Manuscript of the Glosae super Priscianum of William of Conches." Mediaeval Studies no. 75:345-350.

  87. Jeauneau, Édouard. 2014. "From Origen's Periarchon to Eriugena's Periphyseon." In Erugena and Creation. Proceedings of the Eleventh International Conference on Eriugenian Studies, held in honor of Edouard Jeauneau, Chicago, 9-12 November 2011, edited by Allen, Michael I. and Otten, Willemien, 139-182. Turnhout: Brepols.

EDITIONS CRITIQUES

  1. Guillelmus de Conchis. Glosae super Platonem. 1965. Paris: Vrin.

    Texte critique, avec introduction, notes et tables par Édouard Jeauneau (nouvelle édition 2006).

  2. Guillelmi de Conchis Glosae super Platonem. 2006. Turnhout: Brepols.

    Nouvelle édition critique mise à jour par Édouard Jeauneau.

    Opera omnia 3. Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis 203.

  3. Johannis Scotti seu Eriugenae Periphyseon. Liber primus. 1996. Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis. Turnhout: Brepols.

    Edition critique du texte latin en cinq volumes, avec introduction en français pour chaque volume.

    Liber primus: Natura quae creat et non creatur; Liber secundus: Natura quae creatur et creat; Liber tertius: Natura quae creatur et non creat; Liber quartus: De homine; Liber quintus: Natura quae nec creat nec creatur.

    Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, voll. 161, 162, 163, 164, 165.

  4. Johannis Scotti seu Eriugenae Periphyseon. Liber secundus. 1997. Turnhout: Brepols.

  5. Johannis Scotti seu Eriugenae Periphyseon. Liber tertius. 1999. Turnhout: Brepols.

  6. Johannis Scotti seu Eriugenae Periphyseon. Liber quartus. 2000. Turnhout: Brepols.

  7. Johannis Scotti seu Eriugenae Periphyseon. Liber quintus. 2003. Turnhout: Brepols.

  8. Jean Scot. Homélie sur le Prologue de Jean. Introduction, texte critique, traduction et notes. 1969. Paris: Éditions du Cerf.

    Sources chrétiennes, 151; nouvelle édition du texte latin: Turnhout, Brepols, 2008.

    L'introduction, Jean Scot. L'homme et l'œuvre, est reprise dans: Études érigéniennes, pp. 11-54.

  9. Jean Scot. Commentaire sur l'évangile de Jean. 1972. Paris: Éditions du Cerf.

    Introduction texte critique, traduction et notes d'Édouard Jeauneau (Sources chrétiennes, 180); réimprimé avec additions et corrections, 1999.

    Nouvelle édition du texte latin: Turnhout, Brepols, 2008.

  10. Johannis Scotti seu Eriugenae Homilia super "In principio erat Verbum"; et Commentarius in Evangelium Iohannis. 2008. Turnhout: Brepols.

    Edition critique par E. Jeauneau et Andrew J. Hicks avec Introductions en français.

  11. Maximi Confessoris Ambigua ad Iohannem, iuxta Iohannis Scotti Eriugenae Latinam interpretationem. 1988. Turnhout: Brepols.

    Corpus Christianorum. Series Graeca, 18.

    Texte Latin avec commentaire en français.

VOIR AUSSI

Bibliographie sur l'Œuvre Philosophique de Jean Scot Érigène:

Première Partie: A - J

Deuxième Partie: K - Z